HDH : la Plateforme des données de santé a choisi Scaleway comme hébergeur de ses données
Publié le jeudi 23 avril 2026 à 16h10
DataAprès plusieurs années de controverses, la Plateforme des données de santé (PDS) a choisi le français Scaleway comme hébergeur souverain de sa plateforme technique, et donc des données de santé de millions de Français. Grâce à cette migration, l'ex Health data hub (HDH) prévoit de gérer n autonomie une copie de la base principale du SNDS entre la fin de l’année 2026 et le début de l’année 2027.
Un choix industriel importante pour tout le numérique en santé français
La Plateforme des données de santé (French Health Data Hub) amorce une évolution majeure de son infrastructure en annonçant le choix de Scaleway comme futur hébergeur. Derrière cette décision technique, c’est en réalité un signal stratégique fort envoyé à l’ensemble de l’écosystème : celui d’un recentrage vers un modèle de cloud souverain, dans un contexte où les enjeux de confiance, de sécurité et de dépendance technologique sont devenus centraux.
Le choix de Scaleway intervient à l’issue d’un processus de sélection particulièrement exigeant, intégrant plus de 350 critères techniques . Il reflète aussi une réalité : les offres de cloud européennes ont atteint un niveau de maturité suffisant pour répondre à des besoins critiques en santé. La solution française a été préférée à plusieurs autres outils, dont ceux d’OVH cloud et d’Orange business.
Cette migration marque une inflexion importante. Pendant longtemps, les infrastructures hyperscale internationales étaient perçues comme incontournables pour gérer des volumes massifs de données de santé. La décision de la PDS suggère qu’un écosystème européen compétitif est désormais crédible, à condition d’un travail conjoint entre acteurs publics et industriels. Par ailleurs, cette migration ne se limite pas à un changement d’hébergeur : elle s’inscrit dans une logique de co-construction. Les exigences spécifiques de la PDS sont appelées à enrichir l’offre industrielle, contribuant ainsi à structurer une filière cloud adaptée aux cas d’usage les plus sensibles.
Une réversibilité pensée dès l’origine :
Dans son communiqué de presse la PDS explique qu la plateforme avait intégré dès sa conception une logique de réversibilité, avec des travaux engagés dès 2019 pour anticiper un changement d’hébergeur . La PDS explique donc que la question de la souveraineté n’a pas été traitée a posteriori, mais bien intégrée comme une contrainte d’architecture. L’utilisation de standards cloud natifs et de mécanismes de sécurité avancés permet aujourd’hui de rendre cette transition techniquement possible, sans remise en cause de la continuité de service.
La PDS illustre ici une approche encore trop rare dans les systèmes publics : concevoir des infrastructures capables d’évoluer avec le marché et les exigences réglementaires.
Une migration pensée pour accélérer l’usage des données de santé
Au-delà des questions de souveraineté, l’objectif principal reste opérationnel : fluidifier l’accès aux données et accélérer leur usage.
La future infrastructure doit notamment permettre à la PDS de gérer de manière autonome une copie de la base principale du SNDS, entre fin 2026 et début 2027 . Cette migration pourrait permettre de réduire significativement les délais d’accès aux données pour les projets de recherche et d’innovation. En creux, cela répond à une critique récurrente adressée à la plateforme : la complexité et la lenteur des processus d’accès aux données. En renforçant son autonomie technique, la PDS cherche à passer d’un modèle centralisé et contraint à une logique plus fluide et plus scalable.